
Je travaille selon une règle simple, empruntée au métier de l'informatique et connue sous le nom de règle 3-2-1 : trois copies de chaque fichier, sur deux types de supports différents, dont une copie hors de mon domicile. Voici comment elle se traduit concrètement, du matin du mariage jusqu'à l'archivage.
Étape 1 — Pendant la journée : deux copies dès le déclenchement
Mes boîtiers ont deux emplacements de carte mémoire, configurés en écriture simultanée. Chaque photo s'inscrit au même instant sur deux cartes physiquement distinctes.
Cela veut dire qu'à la seconde où j'appuie sur le déclencheur pendant votre cérémonie, votre image existe déjà en double. Une carte qui devient illisible — ça arrive, rarement, mais ça arrive — n'entraîne aucune perte.
Deux habitudes complètent ce dispositif. Je ne reformate jamais une carte sur le lieu du mariage : toutes les cartes sont préparées la veille, et une carte pleine part dans un compartiment séparé du boîtier de rangement. Et je ne mets jamais toutes les cartes au même endroit : les cartes déjà écrites voyagent sur moi, pas dans le sac posé dans un coin de la salle.
Étape 2 — Le soir même : la copie de retour
En rentrant, avant de dormir, je copie l'intégralité des cartes sur mon poste de travail et, dans la foulée, sur un disque externe. Cela prend entre trente minutes et deux heures selon le volume — une journée complète de mariage représente en général de 3 000 à 6 000 fichiers, soit 150 à 400 gigaoctets.
À ce stade, vos images existent en quatre exemplaires : les deux cartes, le poste de travail, le disque externe.
Les cartes ne sont effacées qu'après la livraison finale de la galerie. C'est une règle que je ne transgresse pas, même quand j'ai deux mariages le même week-end : dans ce cas, j'utilise d'autres cartes.
Étape 3 — Sous 24 h : la copie distante
Le lendemain, la sauvegarde part vers un espace de stockage distant, chiffré, hébergé hors de chez moi. C'est le maillon qui protège contre les risques que le nombre de disques ne couvre pas : incendie, dégât des eaux, cambriolage.
C'est le point que beaucoup de photographes négligent. Trois disques durs empilés sur le même bureau, ce n'est pas trois copies : c'est une seule copie exposée trois fois au même risque.
La chaîne complète, résumée
| Moment | Où sont vos images | Nombre de copies |
|---|---|---|
| Pendant le reportage | Deux cartes mémoire dans le boîtier | 2 |
| Le soir même | + poste de travail + disque externe | 4 |
| Sous 24-48 h | + stockage distant chiffré | 5 |
| Pendant la retouche | Fichiers de travail sauvegardés en continu | 3 minimum |
| Après livraison | Archive locale + archive distante + galerie en ligne | 3 |
| Après 12 mois | Archive locale + archive distante | 2 |
À aucun moment de ce parcours vos fichiers n'existent en un seul exemplaire.
Combien de temps je conserve vos photos
- La galerie privée en ligne reste accessible 12 mois après la livraison, avec téléchargement libre en pleine définition. Je vous recommande de télécharger dès réception plutôt que d'attendre le onzième mois.
- Les fichiers retouchés livrés sont archivés au moins 3 ans, en double.
- Les fichiers d'origine (RAW) sont conservés au moins 12 mois, souvent davantage tant que la place le permet.
Si vous perdez vos fichiers après ce délai, écrivez-moi quand même : dans la plupart des cas, l'archive existe encore. Une réédition de galerie au-delà de la période gratuite est possible moyennant des frais de manipulation.
Ce que je vous demande de faire de votre côté
C'est la partie dont personne ne parle, et c'est pourtant celle qui provoque le plus de pertes réelles.
Une fois la galerie téléchargée, vos photos sont sur un seul ordinateur. Un disque qui lâche, un téléphone volé, un ordinateur portable oublié dans un train, et tout disparaît — y compris ce que vous avez pris vous-mêmes.
Trois gestes, une demi-heure, une fois :
- Téléchargez la galerie complète dès réception, sur votre ordinateur.
- Copiez le dossier sur un disque externe rangé ailleurs que sur le même bureau — chez vos parents, au bureau, dans un tiroir d'une autre pièce.
- Ajoutez une copie dans un espace en ligne (le vôtre, celui de votre opérateur, n'importe lequel), ou faites tirer un album.
Un album imprimé est d'ailleurs la seule sauvegarde qui ne demande ni électricité, ni mot de passe, ni format de fichier lisible dans vingt ans. C'est aussi la raison pour laquelle je continue à en proposer.
Les questions qu'on devrait poser à tout photographe
Quel que soit le prestataire que vous rencontrez, ces quatre questions valent l'entretien à elles seules :
- Vos appareils écrivent-ils sur deux cartes en même temps ?
- Combien de copies de mes fichiers existeront, et où ?
- L'une d'elles est-elle stockée ailleurs que chez vous ?
- Combien de temps conservez-vous mes images après la livraison ?
Un photographe qui n'a pas de réponse précise à ces quatre questions n'a probablement pas de protocole du tout. Ce n'est pas une question de tarif ni de talent : c'est une question de méthode, et elle se vérifie en trois minutes.
À retenir
- Règle 3-2-1 : trois copies, deux types de supports, une copie hors du domicile.
- Deux cartes en écriture simultanée dans chaque boîtier : vos images sont doublées dès la prise de vue.
- Cinq copies existent sous 48 h, et jamais moins de deux à n'importe quel moment.
- Galerie en ligne 12 mois, fichiers livrés archivés 3 ans minimum.
- Faites votre propre sauvegarde après téléchargement. C'est là que se produisent la plupart des pertes réelles.
Les deux cartes par boîtier font partie d'un choix plus large que j'explique dans mon article sur le double boîtier, et le choix de la galerie en ligne est détaillé ici.
Questions fréquentes
Combien de temps gardez-vous mes photos après la livraison ?+
Un an pour la galerie en ligne, et je conserve les fichiers retouchés au-delà, sur mes propres sauvegardes. Passé la première année, écrivez-moi : si les fichiers sont toujours là, je rouvre la galerie. Ce n'est pas un engagement contractuel, c'est une pratique — et c'est pour cette raison que la sauvegarde de votre côté compte.
Que se passe-t-il si je perds mes fichiers après les avoir téléchargés ?+
Tant que la galerie est ouverte, vous les retéléchargez vous-même, autant de fois qu'il le faut. C'est exactement le cas de figure pour lequel elle reste en ligne un an : un disque qui lâche, un téléphone volé, un ordinateur changé. Le disque dur que vous constituez chez vous reste la meilleure des assurances.
Une date à réserver ? Découvrez mes reportages de mariage à partir de 490 €, ou écrivez-moi : je réponds sous 24 h, et je réponds volontiers aux quatre questions ci-dessus.