
Voici l'inventaire réel, celui d'une journée de douze heures. Je ne donnerai pas de références de modèles — elles changent, et elles ne vous apprendraient rien d'utile. Ce qui compte, ce sont les principes derrière chaque choix.
Deux boîtiers plein format, jamais un seul
C'est la base de tout. Je travaille avec deux boîtiers plein format identiques ou très proches, portés en même temps sur un harnais double. L'un porte un objectif court, l'autre un objectif long. Je passe de l'un à l'autre en une seconde, sans changer d'objectif, sans manquer la sortie de cérémonie parce que j'avais le mauvais cadrage monté.
La deuxième raison est moins agréable à formuler : un appareil peut tomber en panne. Cela m'est arrivé une fois, en plein vin d'honneur. J'ai continué avec l'autre, et personne n'a rien vu. Je détaille ce choix dans mon article sur le double boîtier.
Les deux boîtiers ont deux emplacements de carte mémoire, configurés en écriture simultanée. Chaque image existe donc en deux exemplaires dès la seconde où je déclenche. C'est le premier maillon de la chaîne de sauvegarde.
Quatre objectifs, et pourquoi ceux-là
Je travaille presque exclusivement avec des objectifs lumineux à focale fixe. Ils m'obligent à me déplacer, ils ouvrent grand — donc ils tiennent dans une église sombre sans flash — et ils détachent les sujets d'un fond chargé.
| Focale | À quoi elle me sert | Moment typique |
|---|---|---|
| Grand angle | Le contexte, la salle entière, l'ambiance | Préparatifs, plan large de cérémonie, piste de danse |
| 35 mm | Ma focale de reportage, celle qui reste montée le plus longtemps | Toute la journée, déplacements, groupes informels |
| 50 mm | L'entre-deux, quand il faut serrer sans écraser | Cocktail, discours, portraits de couple en pied |
| 85 mm ou plus | Les visages, les émotions à distance, les détails | Cérémonie, réactions, golden hour |
J'emporte aussi un objectif macro quand le couple tient aux détails — alliances, boutons de manchette, papeterie. Il reste dans le sac les trois quarts du temps.
Ce que je n'emporte pas : un zoom monstrueux qui couvre tout. Il serait plus pratique, il serait plus lourd, et il ouvrirait moins. Le compromis ne me convient pas.
L'éclairage : le moins possible, mais jamais rien
Je travaille en lumière naturelle tant que je peux. Une fenêtre de chambre d'hôtel pendant les préparatifs, la lumière rasante d'un vin d'honneur, les bougies d'un dîner : c'est ce qui donne des images qui ressemblent à la journée telle qu'elle a été vécue.
Mais à 23 h, sur une piste de danse sans éclairage fixe, il n'y a plus de lumière naturelle du tout. J'emporte donc deux flashs cobra, utilisés en indirect ou orientés vers un plafond clair, et jamais braqués de face dans les yeux. Plus quelques piles de rechange, parce qu'un flash consomme beaucoup plus vite qu'un boîtier.
Les cartes, les batteries, les câbles
C'est la partie sans gloire, et c'est celle qui fait passer une journée de « bien » à « catastrophe » quand elle est bâclée.
- Six à huit cartes mémoire, toutes formatées la veille, dans un boîtier étanche. Une carte pleine ne retourne jamais dans le même compartiment qu'une carte vide : j'ai un côté « à utiliser » et un côté « déjà écrite », et je ne les mélange pas.
- Six batteries de boîtier minimum, chargées à 100 % la veille au soir. Le froid d'un mariage d'hiver en Ariège divise leur autonomie par deux.
- Un chargeur double, branché dès mon arrivée sur place dans un coin discret, qui tourne toute la journée.
- Un disque dur portable ou un lecteur autonome, pour faire une première copie des cartes pendant le repas si la journée est longue.
- Un chiffon microfibre et une poire soufflante. Une gouttelette de pluie ou un doigt sur la lentille frontale ruine une série entière.
Les six objets qui n'ont rien de photographique
Ce sont ceux qui font la différence, et je les ai tous ajoutés après avoir manqué de l'un d'eux.
Des chaussures confortables et une paire de rechange. Je marche entre douze et dix-huit kilomètres un jour de mariage. La deuxième paire sert quand la première est trempée après une séance dans l'herbe humide.
Un imperméable pliable et deux housses de pluie pour les boîtiers. En Occitanie, il pleut trois fois plus souvent qu'on ne l'imagine en juin.
Des barres et une gourde. Il y a des journées où l'on ne s'assied pas avant 21 h. Un photographe qui manque de sucre à 18 h rate la golden hour.
Une trousse de dépannage : épingles à nourrice, fil blanc et aiguille, mouchoirs, pansements, détachant en stick, élastiques à cheveux. Je l'ai sortie plus souvent que mon objectif macro. Un ourlet qui lâche vingt minutes avant l'entrée dans l'église, c'est une urgence, et je suis souvent la personne la plus disponible à ce moment-là.
Une batterie externe et un câble de téléphone. Mon téléphone est mon lien avec le traiteur, le DJ et le témoin qui organise les photos de groupe.
Le déroulé imprimé de la journée, plié dans ma poche arrière, avec les horaires et les prénoms des personnes clés. Le papier ne tombe pas en panne et ne demande pas de réseau — ce qui est décisif dans un domaine du Gers sans couverture mobile.
Ce que je laisse dans la voiture
Un sac de réserve reste toujours dans le coffre : un troisième boîtier plus ancien, un jeu de batteries supplémentaire, un trépied, un objectif de secours et un parapluie transparent. Je ne l'ouvre presque jamais. Les deux fois où j'en ai eu besoin ont justifié toutes les autres.
À retenir
- Deux boîtiers, deux cartes chacun. Chaque photo existe en double dès le déclenchement.
- Des focales fixes lumineuses, parce qu'une église sombre ne pardonne pas un objectif qui ferme.
- Le flash en dernier recours, indirect, jamais braqué de face.
- Tout est formaté et chargé la veille, sac vidé et rechargé objet par objet.
- La trousse d'épingles à nourrice sert plus souvent que l'objectif macro.
Si vous vous demandez ce que tout cela donne du point de vue du déroulé, ma journée de mariage racontée heure par heure suit le même reportage de 9 h à minuit.
Questions fréquentes
Que se passe-t-il si un boîtier tombe en panne pendant la journée ?+
Rien de visible pour vous. Le second boîtier est monté, réglé et porté sur l'autre hanche pendant toute la journée : il n'est pas dans le sac, il est déjà en main. Le changement prend trois secondes et je n'annonce rien. C'est la raison d'être du doublon, et c'est aussi la première question à poser à n'importe quel photographe.
Utilisez-vous le flash pendant la cérémonie ?+
Jamais pendant la cérémonie, religieuse ou laïque. Les objectifs très lumineux et la montée en sensibilité suffisent dans une église sombre, et un éclair au moment des vœux se remarque plus qu'il n'apporte. Je ressors le flash en fin de soirée, sur la piste, où il devient un parti pris assumé plutôt qu'une rustine.
Avez-vous besoin de quelque chose de notre part ?+
Une prise de courant quelque part et un endroit où poser le sac à l'abri, c'est tout. Pas de repas obligatoire, pas de logement, pas de matériel prêté. Si le lieu impose un vestiaire fermé ou un badge, prévenez-moi la veille : c'est le genre de détail qui fait perdre un quart d'heure au pire moment.
Un mariage à faire couvrir en Haute-Garonne ou alentour ? Découvrez mes reportages de mariage, à partir de 490 €, ou écrivez-moi : je réponds sous 24 h avec les dates encore libres.