
Ce n'est pas toujours l'issue. Il m'arrive de perdre des clients sur cette question, et je le comprends. Mais je préfère que ce soit clair avant la signature plutôt qu'au moment de la livraison. Voici donc, écrite noir sur blanc, la ligne que je tiens.
Ce que je retouche systématiquement
Le travail de retouche que je livre porte sur la lumière, la couleur et les éléments accidentels. C'est-à-dire sur ce qui relève de la photographie, pas de la personne.
L'exposition et le contraste. Une cérémonie sous une verrière, un vin d'honneur en plein soleil et une salle éclairée aux bougies n'ont rien en commun. Je ramène l'ensemble à une cohérence, image par image.
La balance des blancs. C'est le travail le plus long et le moins spectaculaire. Une salle de réception mélange souvent trois sources de couleurs différentes — lumière du jour par les fenêtres, halogènes chauds au plafond, guirlandes colorées. Sans correction, les teintes de peau virent au vert ou à l'orange.
Le cadrage et l'horizon. Je redresse, je recoupe légèrement quand un élément parasite entre dans le cadre. Je ne recadre jamais au point de changer le sens d'une image.
Le grain et le bruit numérique, sur les images de fin de soirée prises à haute sensibilité. Je nettoie, mais je garde un peu de matière : une piste de danse à minuit n'a pas à ressembler à une photo de studio.
Les éléments accidentels et temporaires : une poussière sur le capteur, un panneau de sortie de secours vert fluo dans un coin, un gobelet en plastique oublié au premier plan, un fil électrique qui traverse le ciel, un bouton d'acné apparu la veille, une mèche collée sur le front, une bretelle de soutien-gorge qui a glissé.
Le noir et blanc, sur une partie de la sélection, quand une image gagne à perdre sa couleur — un contre-jour, une scène très contrastée, un moment fort dans une lumière compliquée.
Ce que je ne fais jamais
C'est la partie qui compte vraiment, et je préfère l'énoncer sans détour.
Je ne modifie pas les corps. Pas d'amincissement de bras, de taille, de cuisses ou de menton. Pas d'agrandissement de poitrine, pas de réduction de ventre, pas de jambes allongées. Le corps que vous aviez ce jour-là est celui qui figure sur les photos.
Je ne modifie pas les visages. Pas de nez affiné, pas de mâchoire redessinée, pas de yeux agrandis, pas de dents blanchies artificiellement, pas de rides d'expression effacées.
Je ne lisse pas la peau. Je retire un bouton passager ; je garde la texture, les grains de beauté, les taches de rousseur, les cicatrices, les cernes structurels. Une peau lissée devient plastique, et le résultat vieillit très mal — regardez des retouches d'il y a quinze ans, elles sont immédiatement datées.
Je ne fais pas disparaître de personnes ni n'en ajoute. Si votre oncle avait les yeux fermés sur la photo de groupe, je vous propose une autre prise ; je ne lui greffe pas les yeux d'une autre image.
Je ne remplace pas les ciels. Un ciel gris fait partie de l'histoire de votre journée. Un mariage sous la pluie photographié comme un mariage ensoleillé ment sur ce que vous avez vécu.
Je n'utilise pas de filtres à la mode. Les traitements très marqués — teintes orange et sarcelle, virages passés, effets de pellicule saturés — datent une série en trois ans. Je vise un rendu qui tienne trente ans, comme les photos de mariage de vos parents.
Pourquoi cette ligne
Trois raisons, dans l'ordre d'importance.
La première est éthique. Retoucher un corps, c'est dire à quelqu'un que son corps n'allait pas. Je ne veux pas être la personne qui le lui dit, et je ne veux surtout pas que vos enfants découvrent un jour des photos de vous où vous n'êtes pas vous.
La deuxième est documentaire. Une photo de mariage est un document. Dans quarante ans, sa valeur ne tiendra pas à sa perfection mais à sa véracité : la robe telle qu'elle tombait, la salle telle qu'elle était décorée, les visages tels qu'ils étaient. Une image retouchée à l'excès perd cette fonction.
La troisième est esthétique. Les images qui durent sont les images sobres. Le travail le plus difficile en retouche n'est pas d'en faire beaucoup, c'est de savoir s'arrêter.
Ce dont on peut discuter
Je ne suis pas rigide sur tout, et certaines demandes sont parfaitement légitimes.
| Demande | Ma réponse |
|---|---|
| « Un bouton apparu la veille » | Oui, sans hésiter |
| « Le panneau vert de sortie de secours » | Oui |
| « La marque de bronzage du maillot » | Oui, atténuée |
| « Une tache sur ma robe pendant le repas » | Oui |
| « Un plâtre, un appareil dentaire » | Non — c'était votre journée |
| « Mes cernes » | Atténués si la lumière les a creusés, jamais effacés |
| « Mes cheveux blancs » | Non |
| « M'affiner » | Non |
| « Enlever mon ex de la photo de famille » | Non, mais je vous propose une autre prise |
| « Une version noir et blanc de telle image » | Oui, avec plaisir |
| « Retirer une personne décédée depuis » | Non — je vous fournis une autre image du groupe |
Sur une galerie de mariage, j'inclus trois retouches approfondies offertes sur les images de votre choix, dans le respect de ce qui précède. Au-delà, c'est possible en supplément, toujours dans le même cadre.
Ce que je livre, et sous quelle forme
Toutes les images retenues sont retouchées — il n'y a pas de « lot brut » et de « lot travaillé ». Sur un reportage de mariage, cela représente en général entre 400 et 700 images pour une journée complète.
Je ne livre pas les fichiers RAW. Ce sont des négatifs numériques : ils ne sont pas destinés à être vus, ils contiennent tout ce qui a été raté, et leur traitement fait partie de mon travail. En revanche, je les conserve, et ma politique de sauvegarde explique pendant combien de temps.
Les fichiers arrivent en pleine définition, dans une galerie privée en ligne, avec les droits d'impression et d'usage personnel. J'explique le choix de la galerie plutôt que de la clé USB dans cet article.
À retenir
- Je retouche la photographie : lumière, couleur, cadrage, éléments accidentels.
- Je ne retouche pas les personnes : ni les corps, ni les visages, ni la texture de peau.
- Pas de ciel remplacé, pas de filtre à la mode. L'objectif est un rendu qui tienne trente ans.
- Un bouton passager, oui. Un cheveu blanc, non. La ligne est celle du temporaire contre le permanent.
- Toutes les images livrées sont retouchées, et trois retouches approfondies sont incluses.
Questions fréquentes
Pouvez-vous retirer une personne ou un objet gênant sur une photo ?+
Un objet, parfois : une poubelle en bord de cadre, un panneau de sortie de secours, un fil qui traverse. Une personne, non. Effacer quelqu'un revient à réécrire ce qui s'est passé, et ce n'est pas ce que vous me demandez de faire. Quand un plan est vraiment pollué, je préfère vous livrer un autre cadrage du même instant.
Peut-on demander des retouches en plus après la livraison ?+
Oui, sur ce qui relève du discutable : un bouton passager, une bretelle qui glisse, un reflet de lunettes. Vous m'envoyez les numéros des images, je les reprends sans supplément dans le mois qui suit la livraison. Ce qui reste hors charte le reste : amincir une silhouette, lisser un visage ou changer un ciel n'entre pas dans cette liste.
Livrez-vous les fichiers bruts, non retouchés ?+
Non. Un fichier brut n'est pas une photo finie : c'est une matière première calibrée pour être développée, et livrée telle quelle elle donne des images ternes qui ne ressemblent ni à la journée ni au travail que vous avez choisi. Vous recevez des JPEG haute définition sans filigrane, avec un droit d'usage privé illimité.
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