
Nous travaillons régulièrement en amont de refontes de sites, aux côtés d'agences toulousaines et de services communication internes. Voici la trame de brief que nous faisons remplir, et pourquoi chaque ligne compte.
Étape 1 : lister les emplacements, pas les envies
Un brief photo commence par une liste de pages, avec le nombre et le rôle des images sur chacune. Pas par une ambiance ni par un mot-clé.
| Page | Type d'image | Format | Nombre |
|---|---|---|---|
| Accueil — bandeau | Plan large, zone calme pour le texte | Horizontal très large (2:1 ou 3:1) | 1 à 3 |
| Accueil — blocs services | Illustration métier lisible en vignette | Carré ou 4:3 | 3 à 6 |
| Page service | Une scène de travail par service | Horizontal | 1 par page |
| À propos | Portrait dirigeant + équipe | Vertical et horizontal | 3 à 5 |
| Équipe | Portraits homogènes, même fond, même cadrage | Carré | 1 par personne |
| Carrière | Lieux, ambiance, collectif | Mixte | 8 à 15 |
| Contact | Façade, accueil, extérieur reconnaissable | Horizontal | 1 à 2 |
| Blog / actualités | Images d'illustration réutilisables | Horizontal 16:9 | 10 à 20 |
Cette liste donne le volume réel : dans l'exemple ci-dessus, entre 40 et 70 images finales. Elle donne aussi la durée de séance nécessaire — en général une demi-journée pour un site vitrine simple, une journée complète dès qu'il y a plusieurs services ou plusieurs sites géographiques.
Étape 2 : marquer les zones de texte
C'est le point que les briefs oublient le plus souvent, et celui qui coûte le plus cher à rattraper.
Un bandeau d'accueil porte presque toujours un titre, un sous-titre et un bouton. Si le sujet occupe le centre de l'image, le texte tombe dessus et devient illisible. Nous devons donc savoir, avant de déclencher, de quel côté le texte se posera et sur quelle hauteur.
Concrètement, demandez à votre agence ou à votre développeur une maquette même grossière, avec des rectangles gris à la place des photos. Trois captures d'écran suffisent. À partir de là, nous composons en laissant volontairement du vide au bon endroit — un mur, un ciel, une zone floue.
Étape 3 : décider du ton en trois mots, pas en dix
« Moderne, humain, dynamique, professionnel, chaleureux, innovant, rassurant, premium » : ce type de liste ne dit rien parce qu'elle ne renonce à rien. Un brief utile choisit trois adjectifs et assume ce qu'ils excluent.
Une méthode plus efficace : envoyez-nous cinq sites que vous trouvez réussis et deux que vous trouvez ratés, avec une phrase par lien. En dix minutes de lecture, nous comprenons davantage qu'avec une page de vocabulaire marketing.
Ce qu'il faut également trancher :
- Portraits face caméra ou en situation ? Le regard caméra crée de la proximité, le regard hors champ crée du contexte.
- Fond neutre ou décor réel ? Le fond neutre garantit l'homogénéité d'une page équipe qui s'agrandira ; le décor réel raconte l'entreprise mais vieillit avec les locaux.
- Couleur dominante ? Si votre charte est bleu froid, une série photo entièrement en tons chauds jurera sur toutes les pages.
Étape 4 : les contraintes techniques à transmettre
Un site n'accepte pas n'importe quel fichier. Précisez :
- Les dimensions maximales attendues par le CMS, et le poids par image.
- Les recadrages automatiques : beaucoup de thèmes recoupent en carré sur mobile. Si votre gabarit fait ça, il faut composer en gardant l'essentiel au centre.
- Le mode colorimétrique : sRVB pour le web, sans exception.
- La convention de nommage des fichiers, si votre référencement est suivi. Des noms descriptifs valent mieux que
IMG_4471.jpg.
Nous livrons systématiquement en double : les fichiers haute définition d'archive, et une version web optimisée prête à téléverser. Cela évite le passage par un prestataire intermédiaire pour redimensionner.
Étape 5 : les droits d'usage, écrits noir sur blanc
Le brief doit dire à quoi les images vont servir, pour combien de temps et sur quels supports. C'est ce qui détermine la cession de droits mentionnée sur le devis.
Pour un site d'entreprise, la cession couvre en général le site, les réseaux sociaux, les supports imprimés de communication et la presse. Elle ne couvre pas automatiquement l'achat d'espace publicitaire ni l'affichage grand format : si vous prévoyez une campagne, dites-le au moment du devis plutôt qu'un an après.
Le cas des collaborateurs identifiables se traite en parallèle, avec une autorisation individuelle signée, mentionnant les supports, la durée et les conditions de retrait.
Le brief en une page, à copier
Voici la version courte, celle que nous demandons quand le temps manque :
- Objectif du site en une phrase, et qui doit le lire.
- Liste des pages à illustrer, avec le nombre d'images par page.
- Formats attendus (horizontal, vertical, carré) et zones de texte.
- Cinq références aimées, deux rejetées, avec une phrase chacune.
- Lieux et personnes disponibles, avec les créneaux réels.
- Contraintes : confidentialité, sécurité, personnes refusant d'être photographiées.
- Date de mise en ligne du site, pour caler la livraison.
- Usages et durée pour la cession de droits.
Dix minutes à remplir, et la séance change de nature.
Budget et calendrier
- Demi-journée : à partir de 290 €, pour un site vitrine simple, un seul lieu.
- Journée complète : à partir de 490 €, plusieurs services ou plusieurs sites.
- Portraits d'équipe en studio mobile : 30 à 50 personnes par jour, tarif dégressif.
Le shooting se cale idéalement six à huit semaines avant la mise en ligne : assez tôt pour que l'intégrateur travaille avec les vraies images plutôt qu'avec des rectangles gris, assez tard pour que la maquette existe.
À retenir
- Listez les emplacements avant les envies. Une page = un besoin d'image précis.
- Marquez les zones de texte : c'est l'oubli le plus coûteux d'un brief.
- Trois adjectifs maximum, et cinq références visuelles valent mieux qu'une page de vocabulaire.
- Transmettez les contraintes techniques du CMS : dimensions, recadrage mobile, sRVB.
- Calez la séance 6 à 8 semaines avant la mise en ligne.
La trame complète, avec les questions à poser en réunion de lancement, se trouve dans notre guide du brief de reportage photo en entreprise.
Questions fréquentes
Faut-il fournir les maquettes du site avant la prise de vue ?+
Idéalement oui, même à l'état d'esquisse. Elles indiquent les proportions réelles des emplacements et les zones qui recevront du texte, ce qui change le cadrage : une bannière très large impose de laisser du vide à un endroit précis. Sans maquette, une liste écrite des emplacements et de leurs formats suffit.
Combien de temps les images restent-elles utilisables ?+
Techniquement, aussi longtemps que le site vit. Dans les faits, deux à trois ans : au-delà, les tenues, le matériel et les locaux ont changé, et le décalage se voit. Ce qui vieillit le plus vite, ce sont les photos d'équipe ; les images de produit, de geste et de lieu tiennent nettement plus longtemps.
Une refonte de site en préparation ? Découvrez nos reportages en entreprise ou demandez un devis : nous répondons sous 24 h, brief type joint.