
Voici dix pages de notre carnet de repérage. Elles ne remplacent pas notre page photographe à Paris, qui présente nos séances et nos tarifs : ici, on parle terrain, minutes et lignes de transport.
Comment nous choisissons un spot
Quatre questions, dans cet ordre. D'où vient la lumière à l'heure prévue ? Une façade orientée à l'ouest est plate le matin, quelle que soit sa beauté. Que voit-on derrière les gens ? Un décor superbe avec cinquante silhouettes au second plan ne donne rien d'utilisable. Combien de temps entre le point de dépose et la première photo ? Au-delà de dix minutes de marche, la séance est déjà entamée. Qui gère le lieu ? À Paris, la réponse change tout.
Nous ajoutons un cinquième critère, moins photographique : le respect des riverains. C'est la raison pour laquelle nous n'utilisons plus la rue Crémieux, dans le 12e, dont les habitants ont fait connaître leur lassitude des séances à répétition. Un décor n'en vaut pas la peine.
Faut-il une autorisation pour photographier à Paris ?
Cela dépend du statut du lieu, pas de son célébrité. Sur la voie publique — rues, ponts, places, quais hauts — une séance privée se déroule sans formalité. Dans un site clos, c'est autre chose : jardins, monuments nationaux, gares, musées et passages privés fixent chacun leurs conditions de prise de vue professionnelle, parfois payantes. Elles se demandent au gestionnaire du site, lieu par lieu.
Les spots
1. Le pont de Bir-Hakeim — la structure métallique qui fait tout le travail
Le viaduc du métro repose sur des piles et une colonnade métallique qui créent une enfilade parfaitement régulière : on place les gens dans l'axe et la perspective fait le travail. Le pont est orienté de telle sorte que la fin de journée l'éclaire par la travée ouest, côté 15e.
Accès : métro Bir-Hakeim (ligne 6) ou Passy (ligne 6), RER C à Champ de Mars–Tour Eiffel. Contrainte : c'est un lieu très couru, avec parfois plusieurs séances en même temps sur la passerelle centrale. Alternative à cent mètres : la passerelle Debilly, plus discrète, même vue sur la Seine.
2. Le square du Vert-Galant — la pointe de l'île de la Cité
Un triangle planté d'arbres, au niveau de l'eau, à l'extrémité ouest de l'île. On y est plus bas que les quais : les péniches passent à hauteur d'épaule et le Louvre ferme l'arrière-plan. C'est notre décor de séance couple quand il faut du calme à cinq minutes du centre.
Accès : métro Pont Neuf (ligne 7) puis l'escalier au milieu du pont. Contrainte : c'est un jardin de la Ville de Paris, avec horaires et règles propres — à vérifier auprès du gestionnaire pour une séance encadrée. Il ferme aussi en cas de crue. Alternative : le quai de l'Horloge, juste au-dessus.
3. La place des Vosges — les arcades quand il pleut
Trente-six pavillons de brique et de pierre, une arcade continue sur les quatre côtés, un square au milieu. L'arcade est notre meilleur abri parisien : lumière latérale douce, sol régulier, répétition des arches qui donne une profondeur immédiate. Elle fonctionne toute la journée, y compris sous la pluie.
Accès : métro Saint-Paul (ligne 1), Chemin Vert (ligne 8) ou Bastille (lignes 1, 5 et 8). Contrainte : le square central est un jardin municipal, avec ses horaires ; les galeries abritent des commerces qui n'apprécient pas qu'on bloque leur devanture. Alternative : la rue de Birague et la cour de l'hôtel de Sully, à deux pas.
4. Les Buttes-Chaumont — du relief, chose rare à Paris
Falaises artificielles, pont suspendu, belvédère au sommet du rocher : c'est le seul parc parisien où l'on obtient de la hauteur et un vrai vide derrière les sujets. Les pentes sud du parc reçoivent la lumière jusqu'au bout de la journée, quand le centre-ville est déjà à l'ombre.
Accès : métro Buttes Chaumont ou Botzaris (ligne 7 bis), Laumière ou Jaurès (ligne 5) pour l'entrée nord. Contrainte : parc de la Ville de Paris, horaires saisonniers, très fréquenté dès qu'il fait beau le week-end. Alternative : le parc de Belleville, à un kilomètre, pour la vue sur les toits.
5. Le jardin du Luxembourg — les allées et la géométrie
Allées d'arbres taillés au cordeau, chaises métalliques, bassin, orangerie : un décor structuré qui tient debout même en plein midi grâce à l'ombre des alignements. Nous l'utilisons surtout pour les portraits d'automne, quand les marronniers du côté est passent au roux.
Accès : RER B station Luxembourg, métro Odéon (lignes 4 et 10) ou Notre-Dame-des-Champs (ligne 12). Contrainte : le jardin relève du Sénat et applique ses propres règles aux prises de vue professionnelles, à demander directement. Alternative : les allées du jardin des Plantes, même géométrie, autre gestionnaire.
6. La Coulée verte René-Dumont — deux kilomètres de promenade en hauteur
Cette ancienne voie ferrée transformée en promenade court du côté de la Bastille jusqu'aux abords du bois de Vincennes, en partie sur le viaduc des Arts. On marche à cinq mètres au-dessus de la rue, entre des rosiers et des bambous, avec des façades haussmanniennes de part et d'autre : un arrière-plan qui change tous les cinquante mètres.
Accès : métro Bastille, Gare de Lyon (lignes 1 et 14, RER A et D) ou Daumesnil (lignes 6 et 8). Contrainte : la promenade est étroite, on ne peut pas y installer de matériel encombrant, et elle a ses horaires. Alternative les jours d'affluence : le bassin de l'Arsenal, en contrebas.
7. Le parvis du Palais de Tokyo — le béton brut
Colonnades, escaliers larges, béton clair, bassins vides : un décor graphique, sans fioriture, à deux pas de la Seine. C'est là que nous emmenons les gens qui détestent le « joli Paris » — portraits professionnels, books, ados qui refusent la carte postale.
Accès : métro Iéna ou Alma-Marceau (ligne 9). Contrainte : le parvis est très fréquenté par les skateurs, ce qui est un atout en photo de vie et une gêne pour un plan large propre ; l'intérieur du site relève de ses gestionnaires. Alternative : les marches du palais Galliera, cent mètres plus haut.
8. Le canal Saint-Martin — les passerelles et les écluses
Passerelles en fer, écluses, alignement de marronniers penchés au-dessus de l'eau : le décor le plus « quartier » de la liste. Les passerelles donnent de la hauteur et un premier plan métallique ; les quais bas, quand ils sont accessibles, mettent le regard au niveau de l'eau.
Accès : métro Jacques Bonsergent (ligne 5), République (lignes 3, 5, 8, 9 et 11) ou Goncourt (ligne 11). Contrainte : le quai de Valmy est piéton certains dimanches et devient alors très dense. Alternative : le bassin de la Villette, plus large et beaucoup moins saturé.
9. Le square René-Viviani et le quai de Montebello — Notre-Dame en arrière-plan
Le petit square abrite un robinier réputé être le plus vieil arbre de Paris, et donne sur le chevet de Notre-Dame par-dessus la Seine. Le quai qui le borde offre le même sujet sans la contrainte du jardin. C'est notre plan quand une famille veut « une photo avec Notre-Dame » sans passer une heure dans la foule du parvis.
Accès : métro Saint-Michel (ligne 4), Cluny–La Sorbonne (ligne 10), RER B et C à Saint-Michel–Notre-Dame. Contrainte : square municipal, horaires et règles propres ; les abords de la cathédrale connaissent des périmètres de chantier qui bougent. Alternative : le quai de la Tournelle, cent mètres en amont.
10. Le jardin des Plantes — les grandes perspectives
Deux allées rectilignes de plusieurs centaines de mètres, bordées de platanes taillés, filent vers la grande galerie. C'est l'une des plus longues perspectives végétales accessibles dans Paris intra-muros, et elle se photographie aussi bien de face que de côté. La roseraie et les carrés de l'école de botanique offrent des plans plus serrés.
Accès : métro Jussieu (lignes 7 et 10), Place Monge (ligne 7), Gare d'Austerlitz (lignes 5 et 10, RER C). Contrainte : le jardin dépend du Muséum national d'Histoire naturelle, qui fixe ses conditions pour les prises de vue professionnelles. Alternative : les berges hautes du quai Saint-Bernard et son jardin de sculptures.
À retenir
- L'heure prime sur le lieu. Une rue ordinaire à 20 h en juin bat n'importe quel monument à 13 h. Nous calons toujours la séance sur la lumière, puis nous choisissons le décor autour.
- Voie publique et site clos ne suivent pas les mêmes règles. Rues, ponts et places : libre pour une séance privée. Jardins, monuments nationaux, gares, passages privés : conditions fixées par le gestionnaire, à demander directement.
- Trois lieux maximum, reliés à pied. Deux kilomètres au total, pas plus. Chaque trajet en métro entre deux décors coûte vingt minutes de lumière et beaucoup d'énergie.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur moment pour photographier Paris sans la foule ?+
Le lever du soleil, largement. Entre 7 h et 8 h 30 en été, les quais, Montmartre et le Trocadéro sont praticables et la lumière est rasante. Second créneau utile, l'heure qui précède le coucher du soleil : plus fréquentée, mais la couleur y est la plus chaude de la journée. La seconde quinzaine d'août reste notre période préférée.
Peut-on faire une séance photo dans les jardins parisiens ?+
Se promener et photographier en amateur, oui. Une séance professionnelle relève des règles du gestionnaire : la Ville de Paris pour les Buttes-Chaumont ou la place des Vosges, le Sénat pour le Luxembourg, le Muséum pour le jardin des Plantes. Les conditions et les délais varient d'un site à l'autre : nous posons la question au cas par cas, jamais par analogie.
Venez-vous à Paris depuis l'Essonne sans supplément ?+
Oui. Notre base francilienne est à Évry-Courcouronnes, à 30 km, et Paris entre dans notre rayon de 50 km à déplacement inclus. Comptez 35 à 40 minutes de RER D jusqu'à la gare de Lyon. Nos portraits démarrent dès 120 €, les séances famille dès 150 € et les reportages de mariage dès 490 €.
Envie d'une séance dans l'un de ces décors ? Voyez notre page Paris, nos portraits et nos elopements, ou écrivez-nous : nous vous proposons un parcours de trois lieux adapté à votre horaire.
Pour aller plus loin : nos spots photo à Versailles et notre couverture de l'Île-de-France.