
Nous avons posé nos sacs, refusé le café (on le prend à la fin, toujours), et nous nous sommes assis par terre vingt minutes sans sortir un appareil. C'est la partie que personne n'imagine, et c'est celle qui fait toute la différence.
Voici, honnêtement, ce qui se passe pendant une séance nouveau-né à domicile — parce que la plupart des futurs parents nous appellent avec la même question sous-entendue : « est-ce que ça va être compliqué ? »
Avant : un coup de fil, une date approximative
Tout commence pendant la grossesse. Vous réservez sur une date prévue d'accouchement, pas sur une date de séance. C'est la seule façon de tenir la fenêtre des 10 à 15 premiers jours, celle où bébé dort profondément, garde ses positions fœtales et se laisse manipuler sans protester.
Le vrai rendez-vous se cale par SMS, dans les 48 h qui suivent la naissance. Nous gardons volontairement deux créneaux libres par semaine pour ça. Si la naissance a lieu avec dix jours d'avance, ce n'est pas un problème : c'est prévu.
Au téléphone, nous posons trois questions seulement : dans quelle pièce entre le soleil le matin, y a-t-il des aînés à la maison, et à quelle heure bébé fait sa plus longue sieste. Rien d'autre. Nous ne demandons ni thème, ni décor, ni tenue assortie. Sur le calendrier idéal, notre guide sur le bon moment pour une séance nouveau-né détaille les fenêtres semaine par semaine.
Les dix premières minutes : on ne photographie pas
Nous arrivons à l'heure dite, chargés comme des déménageurs : deux boîtiers, un drap crème, un plaid, un pouf. Et nous ne sortons rien.
Pendant dix à vingt minutes, on parle. De l'accouchement, souvent. De la nuit qui vient de passer. Du prénom et de qui l'a choisi. Ce temps sert à trois choses : que vous cessiez de penser à l'appareil, que bébé s'habitue à deux voix nouvelles, et que nous repérions où tombe la lumière chez vous à cette heure-là.
La lumière : une fenêtre, un drap, rien d'autre
Nous cherchons la fenêtre la plus large de l'appartement, celle qui ne prend pas le soleil direct. Dans les immeubles toulousains de brique, avec leurs pièces profondes, c'est souvent la chambre parentale — les chambres de bébé sont presque toujours les plus petites et les plus sombres.
On tire le lit à un mètre de la fenêtre, on retire la housse de couette à motifs, on met un drap uni, et voilà le « studio ». Pas de flash, jamais : la lumière du jour suffit largement, et un éclair dans les yeux d'un nouveau-né de neuf jours n'a aucun intérêt.
Le chauffage monte à 24-25 °C, parce qu'un bébé qui a froid le fait savoir. Prévoyez de rester en tee-shirt : c'est vous qui allez transpirer.
Le rythme de bébé mène la danse
Voilà la promesse tenue de bout en bout : on ne réveille pas un bébé qui dort, on n'ignore pas un bébé qui pleure.
Sur les deux heures d'une séance type, il y a en général :
- 50 à 70 minutes de photos réelles ;
- une tétée ou un biberon complet, pendant lequel nous rangeons nos affaires et discutons ;
- au moins un change, souvent deux, dont un catastrophique — c'est presque une règle ;
- dix minutes de bras, quand bébé décide qu'il ne veut plus être posé.
Ces temps morts ne sont pas du temps perdu. Les photos de tétée, de rot sur l'épaule, de papa qui change une couche avec trois doigts et beaucoup d'application sont souvent celles que les familles gardent en grand format. C'est la vraie vie de la semaine, elle ne reviendra jamais.
Les aînés, les grands-parents, le chien
Si vous avez un aîné, on le photographie au tout début, dans les vingt premières minutes, avant qu'il ne sature. Un enfant de trois ans donne son maximum pendant un quart d'heure ; après, il devient un tourbillon. Nous détaillons cette mécanique dans notre article sur la photographie des fratries.
Les grands-parents peuvent passer sur la fin, une demi-heure suffit. Le chien aussi, avec quelques précautions.
Ce que nous ne faisons pas
Soyons clairs, parce que les images vues sur Pinterest créent des attentes :
- Pas de poses suspendues. Le bébé dans un hamac, dans un pot de fleurs, la tête dans les mains en équilibre : ces images sont des montages réalisés à deux personnes avec des mains qui tiennent en permanence. Nous ne les faisons pas.
- Pas d'accessoires déguisés. Ni ailes, ni casque de vélo, ni panier en osier tapissé de fausse fourrure.
- Pas de manipulation forcée. Si bébé n'aime pas être sur le ventre, on ne le met pas sur le ventre.
Ce qui reste, une fois qu'on a enlevé tout ça ? Les cils, les ongles minuscules, le duvet dans le dos, un pied dans une main d'adulte, la moue du réveil. C'est amplement suffisant.
Après : la galerie, les délais
Vous recevez un premier aperçu de 5 à 8 photos sous 48 h — celles que vous enverrez à la famille. La galerie complète arrive sous deux à trois semaines, en ligne et privée, avec téléchargement en haute définition.
À retenir
- La bonne fenêtre : les 10 à 15 premiers jours. Réservez pendant la grossesse, sur votre date prévue d'accouchement.
- Comptez 2 heures, dont environ 1 heure de photos réelles. Le reste, c'est bébé qui décide.
- Ne rangez pas la maison. Nous cadrons serré ; ce qui compte, c'est une fenêtre large et une pièce chaude.
- Prévoyez : deux bodies unis, deux langes clairs, un plaid que vous aimez, le chauffage monté 30 minutes avant.
- Oubliez : les tenues assorties de toute la famille, les décors thématiques, et l'idée que bébé doit être « sage ».
- Un reportage nouveau-né à domicile démarre à 160 €, ou 290 € en formule combinée avec la séance grossesse.
Et si on a raté la fenêtre ?
Ça arrive : séjour prolongé en maternité, jaunisse, jumeaux, ou simplement une famille qui découvre notre travail au troisième mois. Ce n'est pas grave, c'est juste une autre séance. Un bébé de 2-3 mois sourit, accroche le regard, tient sa tête : les images sont différentes, plus vivantes, moins recroquevillées. Beaucoup de familles enchaînent d'ailleurs sur un suivi de la première année plutôt que sur une séance unique.
Vous attendez un bébé à Toulouse ou dans les environs ? Découvrez notre reportage nouveau-né à domicile ou écrivez-nous avec votre date prévue d'accouchement : nous bloquons le créneau bien avant le jour J.